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Serbie, Géorgie : l’Union européenne à l’épreuve de sa capacité d’action

Claudia MATTHES, professeure à la Humboldt-Universität zu Berlin, était invitée à Sciences Po Grenoble - UGA du 14 au 25 septembre par Fabien TERPAN, professeur de droit spécialisé en droit européen. Retour sur la conférence donnée par la professeure invitée, qui interrogeait la capacité de l’Union européenne à agir comme un acteur politique dans les pays candidats à l’adhésion, à partir des cas de la Serbie et de la Géorgie.

Depuis 2024, la Serbie et la Géorgie connaissent d’importantes mobilisations étudiantes et citoyennes, sur fond de contestations électorales, de corruption, de violences policières et d’atteintes à l’État de droit. Ces mouvements posent directement la question du rôle joué par l’Union européenne dans la défense des principes démocratiques qu’elle place au cœur du processus d’élargissement.

 

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Claudia Matthes s’est ainsi intéressée à l’actorness européenne, c’est-à-dire à la capacité de l’Union à agir de manière cohérente et influente. La comparaison révèle toutefois des réponses différentes : en Géorgie, les institutions européennes ont adopté des positions plus critiques envers le gouvernement et plus explicites en soutien aux manifestants, tandis que les visites de responsables européens ont surtout eu lieu en Serbie.

 

Ces écarts traduisent à la fois les divergences entre institutions européennes et le poids des intérêts géopolitiques. Ils montrent surtout que l’élargissement ne relève pas uniquement d’un processus administratif : il nourrit, dans les sociétés candidates, de fortes attentes politiques et démocratiques.

 

À travers les exemples serbe et géorgien, la conférence a ainsi mis en lumière une tension centrale : la capacité de l’Union européenne à transformer les principes qu’elle défend en une action politique cohérente et lisible.