Depuis 2024, la Serbie et la Géorgie connaissent d’importantes mobilisations étudiantes et citoyennes, sur fond de contestations électorales, de corruption, de violences policières et d’atteintes à l’État de droit. Ces mouvements posent directement la question du rôle joué par l’Union européenne dans la défense des principes démocratiques qu’elle place au cœur du processus d’élargissement.
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Claudia Matthes s’est ainsi intéressée à l’actorness européenne, c’est-à-dire à la capacité de l’Union à agir de manière cohérente et influente. La comparaison révèle toutefois des réponses différentes : en Géorgie, les institutions européennes ont adopté des positions plus critiques envers le gouvernement et plus explicites en soutien aux manifestants, tandis que les visites de responsables européens ont surtout eu lieu en Serbie.
Ces écarts traduisent à la fois les divergences entre institutions européennes et le poids des intérêts géopolitiques. Ils montrent surtout que l’élargissement ne relève pas uniquement d’un processus administratif : il nourrit, dans les sociétés candidates, de fortes attentes politiques et démocratiques.
À travers les exemples serbe et géorgien, la conférence a ainsi mis en lumière une tension centrale : la capacité de l’Union européenne à transformer les principes qu’elle défend en une action politique cohérente et lisible.