Le programme de recherche DemoCIS, financé par France 2030 et opéré par l’ANR, a organisé le 26 juin dernier, un an après son lancement, une journée d’étude au siège de la Région Hauts-de-France. L’occasion pour le collectif interdisciplinaire d’excellence, composé de 4 Universités, 3 Instituts d’Etudes Politiques, du CNRS, de l’Institut Mines Télécom et de l’Inria, de se réunir autour de quatre enjeux majeurs : éclairer, protéger, inclure et délibérer.
Chercheurs et acteurs de terrain ont échangé sur la polarisation des sociétés, les désordres informationnels, les restrictions de l’espace civique, les expériences de citoyenneté et le rôle des innovations démocratiques dans la reconsolidation de la démocratie.
Frédéric Gonthier et Louise Bruyas (PACTE-CNRS) ont partagé les premiers résultats du Baromètre de la démocratie – Conceptions ordinaires, une enquête nationale confiée à l’institut de sondage Cluster17 et menée auprès de plus de 15 000 Françaises et Français. L’objectif : mieux comprendre comment les citoyens vivent, évaluent et conçoivent la démocratie aujourd'hui.
Intitulée « Ce que la précarité fait aux préférences démocratiques », cette recherche apporte deux enseignements majeurs. Le premier : les Françaises et les Français demeurent attachés aux principes fondamentaux de l'État de droit. Les résultats mettent notamment en évidence un soutien important au contrôle des gouvernements par les institutions indépendantes, à la protection des libertés publiques et des droits des minorités. Se dégage également une préférence pour des formes de gouvernance associant élus, citoyens et experts plutôt qu'un modèle unique de décision politique.
Le second résultat concerne les effets de la précarité. Contrairement à une idée répandue, les situations de vulnérabilité économique et sociale ne conduisent pas mécaniquement à des préférences plus autoritaires. Elles sont davantage associées à des formes d'ambivalence démocratique : les personnes les plus précaires développent des attentes plus complexes et parfois contradictoires vis-à-vis des institutions, sans pour autant rejeter la démocratie.
À travers le Baromètre de la démocratie, Sciences Po Grenoble – UGA confirme son rôle de premier plan dans l’analyse des transformations de la citoyenneté et des rapports au politique. Les prochaines vagues d’enquête permettront de suivre l’évolution de ces conceptions ordinaires de la démocratie jusqu’en 2030 et d’éclairer les débats publics sur l’avenir de la démocratie française.

Lecture - Pour chacune des sept dimensions, les répondantes et répondants à l'enquête se positionnent sur une échelle continue de 0 à 10, où 0 et 10 représentent deux préférences démocratiques opposées, et 5 une position intermédiaire.

Interprétation - 50 % ou plus des répondants se positionnent sur des valeurs comprises entre 0 et 3. Des résultats révélant qu'une majorité de Françaises et Français estiment que les gouvernements doivent être contrôlés, que les libertés publiques doivent être garanties et que les droits des minorités doivent être protégés.