Réalisées en 1967, les deux toiles ont été commandées lorsque Jean-Louis Quermonne dirigeait l’Institut, dans le cadre du “1% artistique”, dispositif qui associe création artistique et construction publique. Signées “J.-M. Pirot”, du nom d’état civil de l’artiste, qui n’adoptera le nom d’Arcabas qu’en 1972, après son retour du Canada, elles ont initialement été installées dans la salle des conseils “salle Quermonne” puis restaurée et ré-installées en 2018 dans le hall principal de l’établissement.
Les deux œuvres se répondent autant qu’elles s’opposent. La Guerre, dominée par les tonalités bleues, est la plus violente. Sa composition et son langage plastique font notamment écho à Picasso et à son travail pour la chapelle de Vallauris. La Paix, plus lumineuse et apaisée, évoque au contraire l’enfance, le bonheur, la joie de vivre et les plaisirs de l’existence. Dans les deux tableaux apparaissent déjà la graphie, les formes et les symboles qui feront la renommée d’Arcabas.
La Guerre s’inscrit aussi dans une veine importante de son travail : celle des œuvres d’engagement par lesquelles l’artiste exprime ses indignations face aux violences de son époque. Arcabas consacrera notamment des gravures à la guerre du Vietnam et réalisera plus tard, le polyptyque Hommage à Bernanos, œuvre monumentale parfois qualifiée de “Guernica chrétien”.
Les deux tableaux grenoblois sont également contemporains d’une autre création devenue emblématique : l’affiche conçue par Arcabas pour les Jeux olympiques de Grenoble de 1968.
Le centenaire de la naissance d’Arcabas permet aujourd’hui de replacer ce patrimoine de Sciences Po Grenoble - UGA dans l’ensemble d’une œuvre foisonnante. Plusieurs rendez-vous lui sont consacrés dans la région, notamment une grande rétrospective réunissant 80 œuvres au musée Hébert jusqu’au 31 janvier 2027 et une exposition consacrée aux grands chantiers d’art sacré au musée de la Grande Chartreuse jusqu’au 11 novembre.
Une belle invitation à découvrir Arcabas dans les musées… et à Sciences Po Grenoble - UGA, tout simplement à lever les yeux.
Crédit des œuvres : reproduction avec l’aimable autorisation des ayants droit.